En 2006, Frédéric Gonant et Laure Morisset, comédiens et audiodescripteurs, constatent que l ’audiodescription, alors peu répandue en France, connait déjà quelques ‘’dérives’’, liées à la méconnaissance du métier. Parallèlement, après avoir assisté à un colloque sur l’audiodescription à l’université de Surrey, en Angleterre, ils se rendent compte de l’importance d’établir un cadre de référence avant le développement du marché français .
Conscients de l’importance de développer ce procédé pour rendre la culture audiovisuelle accessible à tous, ils souhaitent également en préserver la Qualité afin de ne pas perdre le sens.
Il leur semble alors essentiel d’écrire un texte qui puisse faire connaitre ce procédé, en lister les principes fondamentaux et éthiques, afin que les professionnels puissent s’y référer. Son but est de sensibiliser les commanditaires sur l’importance de la rigueur et du professionnalisme à intégrer tout au long du processus.
Laure Morisset et Frédéric Gonant ont alors pris contact avec la DIPH (Délégation interministérielle aux personnes handicapées) afin de leur exposer ce projet et ont rédigé un premier texte basé sur leur expérience et sur leurs recherches (notamment sur ce qui existait déjà en Grande Bretagne, Belgique, Espagne, Etats-Unis).
Ils contactent ensuite Mme Maryvonne Simoneau, pionnière de L’audiodescription en France afin de lui soumettre leur texte. Ils leur semble en effet nécessaire d’avoir l’approbation de celle qui, il y a vingt ans, était formée à l’audiodescription aux Etats-Unis à la demande d’Auguste Coppola, et qui, revenue en France, en amorça le développement. Ils le soumettent également aux audiodescripteurs référencés.
Le texte a également été présenté au CNPSAA (Comité National pour la promotion Sociale des Aveugles et Amblyopes) et à l’Association Valentin Haüy qui ont soutenu le projet et approuvé le contenu de la Charte.
Une fois le texte définitif rédigé, Laure Morisset et Frédéric Gonant ont alors entrepris de le présenter aux différents instances et syndicats. Ils ont rencontré le CNC, le CSA, les regroupements de réalisateurs, de producteurs, de diffuseurs de cinéma, les laboratoires, ainsi que les chaînes de télévision privées et publiques. Gilbert Montagné, alors chargé par le ministre du Travail Xavier Bertrand d’établir un rapport sur l’accessibilité pour les personnes aveugles, soutient et encourage leur démarche.
Suite aux retours positifs de ces rencontres, M. Gohet, délégué interministériel aux personnes handicapées, entreprend de faire signer cette Charte afin de marquer l’engagement moral et déontologique qu’elle représente.
Comité de suivi de la Charte :
Depuis la signature de la Charte le 10 décembre 2008, l’Association En Aparté participe au Comité de Suivi de la Charte, proposé par M. Gohet, afin de suivre l’évolution de ce document.